Mon œuvre à l'huile est réalisée avec la technique "dans le frais" à l'aide de médiums flamands.

C'est une abstraction qui tient moins du lyrisme que de la représentation d'ondes de fréquences et de résonances.

 

Je les convoque et les perçois sous certaines conditions d'exercices de la conscience modifiée par une profonde concentration,

capacités découvertes lors de la pratique du tir à la carabine. Certains sportifs de haut niveau, chercheurs et moines décrivent

ces perceptions dont ils font usage dans leur discipline respective.

Ces ondes porteuses coexistent et cohabitent, se convertissent, s'absorbent entre elles;

elles s'imposent dans un rapport de force et de masse, se liant, glissant, semblables aux fluides,  jusqu'à prendre même un état vaporeux, évanescent;

Une recherche d’équilibre dans l’alternance d’un joli chaos,

une nécessité du hasard, un irrationnel incompris, laissant place à l’ordre, l’intelligible

se diluant à son tour en une rivière qui court à d’autres nécessités.

 

L'oeuvre, ce « sismographe » traduit une modification de perception du monde et de la matière,

dans l'espace temps du passage de celle ci, d’un état à un autre;

un entre 2, Liquidus Solidus, impalpable, impensable, un glissement de terrain permanent,

un monde flottant, sinueux, aux rives inaccessibles, aux perspectives sans fond.

 

Pour moins voir et mieux ressentir, abandonnant l'objet et sa symbolique, l'oeuvre expose ses lignes tantôt tendues, affirmées et sombres, tantôt déliées,  floues, translucides, aériennes.

Privant l'oeil de repères habituels, perdant pied devant l'image, l'oeuvre nous contraint à puiser dans d'autres ressources.

Puis nous conduit à faire usage du sensitif en  s'éloignant de la pensée consciente, conceptualisante, logique,

mathématique, raisonnée, et conditionnée, pour accéder au cerveau perceptuel de l'inconscient, et le solliciter en amont de la pensée.

Libérant le " Naître à soi, en son entier", s'offre alors un contact au monde plus appuyé.

Cet ancrage au réel par notre esprit plus large et éclairé, offre des possibles  par de là l'ombre de nos certitudes.

L'oeuvre est sur le chemin de l’altérité vers une pensée autre,

empruntant une passerelle posée entre l’orient et l’occident.  

                                                                                                                          Réjane Woski            27 octobre 2016